Par Philippe MONTEL, auteur et illustrateur de la série de romans jeunesse « Marcus – Les Aventures Enflammées »

A l’occasion d’une séance de dédicaces au début de l’été, Mme Myriam CELESTIN, enseignante à l’école Le Grand Tamaris de Lattes (Hérault), a eu la bonne idée de venir discuter avec moi et de repartir avec le premier roman de ma série « Marcus - Les Aventures Enflammées ». Et, tout juste quelques semaines après, c’est grâce à elle et à sa bonne idée que j’ai eu l’honneur de rencontrer sa classe de CM2, en compagnie des personnages de mon livre.

Quelle expérience fantastique que de pouvoir échanger avec ces élèves qui ont découvert en classe, chapitre par chapitre, le début de ces aventures enflammées !

Quelle joie de recueillir autant d’avis positifs, de ressentir un tel engouement pour une histoire sortie de mon imagination, de voir comment cette histoire et les illustrations qui l’accompagnent ont touché ces élèves devenus mes lecteurs !

En deux heures, qui ne m’ont semblé durer qu’une poignée de minutes à peine, nous avons abordé tant de sujets. J’avais de mon côté un tas de questions et j’ai obtenu autant de réponses encourageantes à mes angoisses d’auteur. Et les jeunes lecteurs avaient eux aussi moult questions à me poser. Ce flot de questions a été l’occasion d’aborder le processus de création et les outils que j’ai utilisés pour créer mon roman : sur un rythme effréné et difficile à arrêter 😉 les questions ont été notées sur des post-its électroniques, puis regroupées et organisées sur une carte mentale que voici :

MindMap des questions posées (extraits)

Un extrait des questions posées par les élèves…
Un exercice collectif d’organisation d’idées sous forme de carte mentale

Pour les puristes de ce type de représentations, aussi appelées cartes heuristiques ou encore mind maps, pour les disciples de M. Tony BUZAN qui a codifié avec précisions les principes du Mind Mapping, notons qu’il ne faudrait pas plus d’une idée par branche. Mais là, il s’agissait d’être pragmatiques et rapides.

Après avoir répondu à nos questions réciproques, nous nous sommes lancés dans un exercice bref mais intense : la création du début d’une histoire imaginaire. L’idée était de prolonger une démarche de création et d’écriture précédemment engagée par Mme CELESTIN, et de la relier à mes propres méthodes de travail et aux outils que j’ai utilisés, les outils les plus importants d’un auteur étant bien sûr son esprit et son imagination.

Voici la synthèse de nos échanges…

Philippe MONTEL rencontre la classe de CM2 de Mme CELESTIN, Lattes

Philippe MONTEL rencontre la classe de CM2 de Mme CELESTIN

Noter, enrichir, organiser ses idées

Que ce soit sur le coin d’une nappe en papier, sur un bloc note, avec un crayon, un stylo ou un outil informatique, sortir les idées de sa tête est la première étape essentielle pour que se concrétise le récit. En effet, pour la plupart d’entre nous, à commencer par moi-même, il n’est pas possible de produire et d’organiser plus de quelques idées à la fois (moins d’une dizaine pour certains « spécialistes ») sans les noter. Et il n’est pas possible de maintenir cet effort efficacement au-delà de quelques minutes. Pour aller au-delà, il faut d’une manière ou d’une autre formaliser ses idées, les écrire ou encore les dessiner. A ce stade, j’utilise une carte mentale, à l’image de celle que nous avons vue précédemment, soit avec du papier, des crayons et des feutres, soit avec un logiciel tel que iMindMap.

Elaborer la chronologie du récit et son contexte

Après avoir organisé et enrichi ses idées de départ, il peut être utile d’élaborer la chronologie précise du récit ainsi que celle de la vie des personnages, même si cette dernière n’est incluse que partiellement, voire pas du tout, dans l’histoire. Question de cohérence mais aussi d’épaisseur pour les personnages et la narration. C’est là qu’intervient la frise temporelle dans laquelle les principaux événements sont placés sur un axe représentant le temps, orienté de la gauche vers la droite ou du haut vers le bas, par exemple. Ici, j’utilise un logiciel appelé Aeon Timeline.

Ecrire l’histoire et gérer son projet

Ensuite, ou en parallèle, il s’agit d’écrire l’histoire, ce qui est le but, ne l’oublions pas. Pour cela, il faut : regrouper les notes de conception dont nous disposons, construire et peaufiner l’univers, le contexte, les personnages, les lieux, structurer le récit en chapitre et, bien entendu, écrire les mots qui vont former les phrases où tout cela va… prendre vie !
Pour moi, un des outils qui correspond le mieux à mes attentes est Scrivener. En plus des facilités de rédaction de l’histoire qu’il propose, ce logiciel me permet de stocker, d’organiser et de retrouver la majeure partie de mes notes de conception. En classe, nous avons par exemple pu visiter avec ce logiciel l’île sur laquelle se déroule une partie importante du Livre 1 des « Aventures Enflammés ».

Créer les illustrations

Pour « Marcus – Les Aventures Enflammées », j’ai fait le choix d’accompagner l’histoire avec des illustrations. Après des essais avec des outils de dessin traditionnels, j’ai finalement opté pour de la peinture numérique et le logiciel SketchBook Pro, bien que pour les croquis et les esquisses, j’utilise quelquefois du papier et des crayons.

Cette description peut laisser penser que le processus est linéaire, les étapes se succédant les unes aux autres. En réalité, il est souvent nécessaire de faire des allers-retours entre les idées, la chronologie, l’écriture et, éventuellement, les illustrations.

Pour m’aider tout au long de la création de l’histoire, les outils dont je me sers le plus souvent sont donc :

  • iMindMap de ThinkBuzan pour les cartes mentales.
  • Aeon Timeline » de Scribble Code pour les frises temporelles.
  • Scrivener de Literature & Latte comme éditeur de texte et gestionnaire de projets d’écriture.
  • Et enfin, SktechBook Pro d’AutoDesk, un outil de peinture numérique pour réaliser les illustrations.

Et l’outil dont je me sers tout le temps (même lorsque je n’écris pas), c’est mon cerveau 😉

Bon… je crois qu’il est temps de conclure avant que vous ne trouviez cet article vraiment trop long. Cependant, je ne peux pas le faire sans évoquer les fabuleux dessins qu’ont réalisés les élèves. Incroyable la façon dont ils se sont appropriés mes illustrations et les ont transposées ! Cela se voit très bien sur le dessin génial que m’a offert Léonie (merci Léonie) : pour ceux qui connaissent l’illustration correspondante de mon livre, il est intéressant de constater que Léonie n’a pas copié le dessin. Elle l’a analysé, sans doute décomposé dans son esprit puis retranscrit sur le papier, en passant par le filtre de sa propre perception des choses, son propre univers. Vous noterez que, bien que la position des dragons ne soit pas tout à fait la même par rapport à l’illustration originale, les caractéristiques des deux personnages sont intactes.

Dragons - Par Léonie

Dragons – Par Léonie
Oeuvre reproduite avec l’autorisation de l’artiste et celle de ses parents

Il me reste à remercier les élèves pour leur accueil chaleureux, leur participation et leur énergie communicative.
Merci également à Mme CELESTIN et à l’école le Grand Tamaris de Lattes de m’avoir offert l’opportunité et le bonheur de cette rencontre.

Et, peut-être, à bientôt !

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